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    9 octobre 2008

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    9 octobre 2008

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  • Debat 02.10, Atomium

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Pourquoi cette idée de PARK58 ?

Avant de vous laisser le clavier, quelques mots pour vous expliquer pourquoi l’idée m’est venue de rêver PARK 58
Quelques faits tout d’abord…

PANORAMA 58
Un bâtiment à la situation imprenable

Au cœur de la ville, à deux pas de la Bourse et de la Grand-Place, le Parking 58 occupe une position stratégique, à l’emplacement des anciennes Halles de Bruxelles.
Il est la propriété de la société Interparking qui loue au GB ses deux derniers étages à l’usage de la clientèle de ce dernier.
L’utilisation du dernier étage en particulier, qui nous occupe plus précisément, est rarement tout à fait effective.

Grâce à la situation spécifique de l’immeuble, on jouit depuis le 10e étage d’une vue panoramique hors pair, à 360°, sur l’ensemble des jalons urbanistiques, touristiques et patrimoniaux du paysage urbain bruxellois.

copyright Annick Lizein

Au dixième étage du Parking 58, vous êtes en hauteur, mais à la bonne hauteur, ni trop haut, ni trop bas, et au cœur de la capitale.
En pivotant légèrement sur vous-mêmes, vous apercevrez l’Atomium, Koekelberg, la Tour du Midi, l’Hôtel de Ville de Saint Gilles, le Palais de Justice, la Grand-Place, le Palais Royal, la Tour Madou, la Cité Administrative, le Quartier Manhattan etc..
A lui tout seul, le panorama vaudrait la peine d’être renseigné dans les guides et itinéraires touristiques sur Bruxelles.

Se rendre sur le toit du Parking 58, c’est aussi avoir un résumé synoptique de plus de 1000 ans d’histoire de Bruxelles. Le point de vue permet d’apprécier à sa juste valeur l’hétérogénéité et la richesse de l’identité de notre ville qui, par-delà les directions parfois contestables qui ont été prises par le passé, trouve une identité stimulante dans sa propre diversité, dans les ruptures d’échelles induites, tant par le relief que par les choix urbanistiques adoptés.

S’y promener, c’est donc apprendre à connaître et aimer Bruxelles, son passé son présent et son futur...

Bruxelles et le vert :

C’est paradoxal, mais le centre historique de Bruxelles, l’une des capitales parmi les plus arborées au monde par tête d’habitant, manque cruellement de végétation : arbres, îlots verdoyants, parcs, pour ne pas dire forêt de Soignes, au cœur pourtant de la qualité de vie chère à tous les Bruxellois, sont remarquablement absents.
Bruxelles-la-verte reste un secret bien gardé pour les touristes de passage qui n’arpenteraient que le quartier Ilot sacré/ Grand Place / Manneken Piss.

Au-delà des touristes, le constat s’impose qu’un espace vert et de détente au cœur de notre capitale fait défaut, dans ce quartier attractif et en pleine revitalisation qu’est le quartier Dansaert / Vismet…
Pourquoi, en effet, les habitants du centre ne disposeraient pas d’une zone verte à proximité de chez eux, à l’instar de la plupart des habitants des autres communes de l’agglomération ?

PARK 58, c’est donc aussi imaginer pouvoir faire un tour de jogging, jouer à la pétanque, promener ses enfants dans un environnement vert, spectaculaire et panoramique, au cœur de la capitale.

Bruxelles et la bruxellisation : PARK 58 comme symbole

Le Parking 58 représente en soi un symbole fort de la « bruxellisation » et du phénomène du « tout à la voiture » que les travaux entrepris à l’occasion de l’exposition universelle de 1958 ont initiés.

Le visage de Bruxelles, on le sait, a connu et continue à connaître d’importants bouleversements.
Depuis l’indépendance de 1830, la ville a connu une expansion sans précédent qui la fera sortir de son enceinte médiévale pour atteindre au début du siècle dernier une taille comparable à celle qu’elle a actuellement : près de 850 000 habitants en 1914, soit à peine moins que le million actuel des 19 communes.
La grande affaire des édiles du XIX et du début du XXe siècle seront les travaux de voûtement de la Senne et l’aménagement d’une jonction aisée entre les deux principaux terminaux ferroviaires du Nord et du Midi, l’aménagement d’une halte centrale (l’actuelle gare centrale) et la jonction entre haut et bas de la ville.

La deuxième moitié du XXe siècle verra l’achèvement des travaux liés à la Jonction ferroviaire mais, surtout, initiera, à partir des travaux réalisés à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1958, une politique du « tout à la voiture » répondant à l’évolution du mode de vie et de l’habitat des classes moyennes : exode vers la périphérie, multiplication du nombre de foyers motorisés, voire du nombre de véhicules par foyer etc…Ce sera, tous effets concordant, la destruction ou la paupérisation des quartiers bourgeois XIXe siècle, le creusement des tunnels de la petite ceinture et des grandes avenues et la modification de la répartition sociologique de l’habitat.
Par son usage principal, par son nom, l’immeuble du Parking 58 symbolise tout cela, et résume en quelque sorte près d’un demi-siècle de choix urbanistiques dont on sent aujourd’hui la nécessité de sortir.
Imaginer d’implanter un parc sur son toit relève d’emblée d’une ré-appropriation symbolique forte de la ville par le citoyen-piéton.
La nature et l’homme reprendraient ainsi le dessus, à la lettre comme au figuré, d’un bâtiment voué au moyen de transport qui a conditionné les choix urbanistiques de la deuxième moitié du XXe siècle.

Mais dans la mesure même où nous sommes aussi la génération qui a appris à vivre avec l’héritage de la « bruxellisation », à s’en accommoder, voire aussi à l’aimer (du moins pour certaines de ses réalisations), il est utile de souligner que cette proposition non–exclusive est renforcée par l’optique de cohabitation avec la fonction initiale du bâtiment.
Sans céder à la tentation d’un manichéisme simpliste, la coexistence d’un parc et d’un parking au sein d’un même bâtiment est à appréhender comme le reflet d’une d’une intégration réaliste, judicieuse et rééquilibrée entre les différentes composantes fonctionnelles de la ville contemporaine.